Pourquoi ce sujet : rencontres !!!
RECITS DE TRAVAILLEURS SOCIAUX RENCONTRES
pourquoi la question du sens ?
Mon parcours :
J'ai choisi le secteur social pour le sens qu'on peut y trouver : une action qui finit en l'autre, pour aider l'autre. J'ai choisi de travailler auprès des publics les plus exclus (sdf, chômeurs de longue durée) dans une optique politique : lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales par une action de terrain qui change la donne (hébergement, accès aux droits, etc.).
J'ai travaillé 10 ans comme animateur social dans divers centres d'hébergement d'urgence, CHRS, accueil de jour, associations d'aide à la recherche d'emploi, associations intermédiaires. Au bout de 10 ans, j'étais au bord de l'épuisement et j'ai souhaité évoluer car je m'ennuyais intellectuellement et je devais bouger car trop de « travail infini », trop de pression, trop de stress. En 2005, j'ai connu une forme de burn out sous la forme de maux de tête qui m'ont empêchés de travailler pendant 4 mois et j'ai repris en mi temps thérapeutique. Puis je me suis remis mais je ne supportais plus mon boulot et je souhaitais évoluer vers une profession plus intellectuelle. Ne voyant pas de résultat à mon travail de terrain, j'ai souhaité évoluer vers un poste de chargé de mission pour intervenir en amont dans la conception des politiques publiques.
En 2009, mon projet de formation DEIS a pu se réaliser. J'ai choisi comme sujet de mémoire la relation qu'entretien le social avec l'économique dans le contexte actuel. Je cherchais des modèles innovants où l'économique et le social se mariaient de manière adaptée pour prouver que c'est possible, que c'est la voie à suivre. Mon optique était positive : insertion par l'économique, économie sociale et solidaire, finance solidaire, microfinance puis finalement mon objet de recherche a été l'accompagnement au microcrédit au regard de la méthodologie de l'intervention en travail social. J'ai obtenu mon DEIS et mon master 2 en sciences de l'éducation en 2012.
J'ai alors été confronté au chômage car le DEIS n'est pas reconnu pour devenir cadre de structure (recherche de profil gestionnaire et non de cadres développeurs dans un contexte où le social se replie sur ses positions et n'est pas dans une optique de « recherche et développement »). Les postes de chargé de mission sont rares en ces temps de réduction budgétaire. J'ai trouvé quelques missions de chargé d'étude pour l'association CRESUS (problématique sur endettement) puis des missions de formateur de travailleurs sociaux (relation avec l'argent, microcrédit, Economie Sociale et Solidaire, insertion par l'économique). J'ai été coordinateur adjoint au sein d'une Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire dans un lycée du 94. Puis je suis rentré à Coopaname pour créer mon activité de formateur indépendant de travailleurs sociaux. J'ai réalisé quelques missions de formation en intra (Ménage Service) puis en Ecole de Formation des Travailleurs Sociaux (ETSUP). Enfin, j'ai obtenu un appel d'offre auprès de OPCALIA pour former des enseignants sur le décrochage scolaire et des Auxiliaire de Vie Scolaire sur l'accompagnement du handicap en milieu scolaire. Ces missions ont duré 3 ans.
De nouveau au chômage, mon projet aujourd'hui, pour sortir de la précarité, est de créer mon propre Organisme de Formation que je souhaite spécialisé dans la formation continue des travailleurs sociaux, des personnels éducatifs (établissements scolaires et centres socioculturels) et médicaux (infirmières, cadres de santé). Je souhaite que mon Organisme soit spécialisé à terme sur la question du sens au sein du secteur éducatif, social et médical car je crois que c'est la question centrale pour la refondation et le développement de ces secteurs. C'est pourquoi mon projet est de réaliser une thèse sur la question du sens pour nourrir mon travail dans le cadre de ma création d'activité.
Voici les rencontres qui m'ont fait cheminer vers la question du sens :
A) PERSONNES RENCONTREES DANS LE CADRE DE MA FORMATION DEIS
Marie Mormesse :
Assitante sociale à la CPAM depuis 5 ans, elle a souhaité évoluer en faisant un DEIS car elle ne se reconnaît pas dans le travail quotidien qui est le sien. Elle voit notamment un très important décalage entre sa formation initiale qui lui a inculqué une méthodologie de réflexion sur ses pratiques et les pratiques que lui impose son institution (travail à la chaîne, 15 minutes d'entretien maximum, absence de réflexion, etc.). Pour son mémoire, elle interroge la notion d'évaluation qui lui semble provenir d'une culture qui lui est étrangère, celui du monde marchand. Elle se demande comment évaluer la relation éducative et constate que les travailleurs sociaux ne savent pas parler de leur travail dans une optique de rationalisation des tâches et de démonstration de leur efficience et efficacité. Elle constate que l'évaluation est devenue « une nécessité impossible » pour le professionnel. Son mémoire sera édité par l'Harmattan : de nombreuses réflexions sur les conséquences de la rationalité instrumentale dans le travail social du point de vue de la qualité du travail rendu au public et du point de vue du vécu des professionnels. Elle n'utilise pas le terme de perte de sens et ne se positionne pas comme en souffrance dans son travail mais ses témoignages sont acerbes et dénoncent la manière dont les travailleurs sociaux sont traités et instrumentalisés dans leurs pratiques quotidiennes selon des normes budgétaires et organisationnelles qui leur sont étrangères.
Emmanuelle Regnault :
Assistante sociale à la MSA de l'Yonne, elle travaille en milieu rural auprès d'agriculteurs en difficultés. Elle constate une lente marchandisation des services qu'elle propose : on passe du gratuit au payant et d'une logique de service public à une logique de clientèle. Elle s'interroge sur les réactions des travailleurs sociaux face à ces phénomènes et elle en fera son sujet de mémoire en ingénierie sociale. Elle ne parle pas de perte de sens et ne se positionne pas comme étant en souffrance mais plutôt comme une militante (écolo) qui tente de résister à la lente dérive des services dont elle fait partie.
B° Travailleurs sociaux rencontrés dans le cadre de mes animations de formation
Nom inconnu
Contexte : formation en intra à « Menages Services » sur la méthodologie de projet collectif.
Tandis que je tente de faire travailler chacun sur un exemple de projet sur lequel qu'il aimerai travailler, M interrompe le cours de la formation en tenant le discours suivant :
- 1 Mr n'a pas choisi de faire la formation, ce sont les cadres qui lui ont imposé la démarche : Mr ne veut pas réaliser de projet en interne de la structure car il a l'intention de la quitter.
- 2 Le problème ne se situe pas selon Mr dans la création de projets nouveaux mais dans le fait que le travail social perd tout son sens à cause des politiques menées dans les structures par les cadres. Ce sont des cadres gestionnaires qui appliquent les schémas de l'entreprise au niveau du management, ce qui a des résultats catastrophiques pour la motivation des personnels : ceux ci ne se reconnaissent pas dans leur critères d'évaluation. Le décalage culturel entre les cadres et les travailleurs sociaux est trop important pour que la collaboration se passe bien, d'où l'émergence de conflits importants qui sapent l'ambiance de travail et la confiance réciproque. Dans un tel contexte de dysfonctionnements institutionnels, il est pratiquement impossible de travailler.
- 3 l'après midi sera consacrée à des échanges informels avec l'ensemble du groupe sur le vécu des travailleurs sociaux de la structure : sentiment d'une incompréhension de ce qu'est le travail social par la direction, par les pouvoirs publics, révolte contre les réformes prévues de la formation qui instrumentalise le TS et le voit uniquement d'un point de vue des actes extérieurs sans se focaliser sur le coeur du métier qu'est la relation éducative et le vécu subjectif, sentiment de perte de sens du travail et envie de quitter la structure.
Cette expérience m'a marquée en tant que formateur et elle est sans doute à l'origine de ma réflexion actuelle et de ma question de départ : comment canaliser ce vécu négatif en lien avec la perte de sens et permettre aux travailleurs sociaux de rebondir sur un sens plus positif à leur action ?
Pendant les échanges, ils m'ont parlé du syndicat AVENIREDUC : je me suis renseigné et je suis allé les rencontrer
C° ECHANGES AU SEIN DE AVENIREDUC
Les travailleurs sociaux de ce syndicat sont au taquet contre les projets de réforme du gouvernement Hollande de réingénierie des formations des travailleurs sociaux. Il y a eu des démarches entreprises par le gouvernement pour « valoriser » les travailleurs sociaux avec des Etats Généraux du travail social qui visent à le « refonder ». Le tout semble provenir d'une bonne intention mais les TS de AvenirEduc ont le sentiment qu'on veut les déposséder de leur travail pour le tayloriser, le réduire à des tâches extérieures. Ils sont notamment contre le projet de socle commun entre tous les diplômes de niveau II car la logique qui prévaut à cette recomposition car ils ont peurs de perdre leur identité professionnelle propre à leur métier. Comme je suis plutôt favorable à cette partie de la réforme, nous échangeons et je comprends que ce qui les gênent c'est que la démarche provient d'en haut sans écouter les TS de terrain. Ils ont des propositions pour améliorer les choses en partant de leur problématique réelle qui est loin de ces problèmes de formation socle commun. Ils veulent des moyens concrets pour que leur mission ait du sens, c'est à dire pour pouvoir aider vraiment les gens. Au lieu de cela, on leur impose une austérité qu'ils ne comprennent pas compte tenu des sommes astronomiques qui ont été englouties pour sauver les banques pendant la crise des subprimes. Ils ont besoin d'être valorisé et avaient demandé à passer en niveau I et non en niveau II pour les nouveaux formés seulement. Ils ont le sentiment qu'on se moque d'eux. En réaction, ils vont organiser des Etats Généraux alternatifs du travail social pour faire émerger des propositions du terrain et proposer un plan au gouvernement pour réellement valoriser les TS. Un plan de 26 mesures est en cours de validation par le gouvernement mais c'est vrai que ce sont des mesures symboliques et ils ont l'impression qu'on se moque d'eux. Je découvre alors que leur manière de penser traduit un discours qu'ils ont peaufiné avec des chercheurs (Chauvière) et qu'ils ont traduit dans un opuscule qui se nomme « Tous debout pour nos métiers du travail social » dans la continuïté de l'appel des appels. Je suis subjugué par ce discours qui me semble-t'il traduit parfaitement ce que je ressens vis à vis du travail social.
Pour la petite histoire Macron fera passer les réformes telles quelles : elles seront mises en place dès la rentrée 2018 dans les écoles de travail social. Le nouveau gouvernement semble ne pas se préoccuper des TS et ceux ci semblent en être satisfaits car ils n'ont pas confiance et ces réformes ne passeraient pas dans leur esprit. Je ne sais pas ce qu'ont donné les Etats Généraux alternatifs mais je pense qu'ils sont restés lettre morte dans le nouveau contexte politique.
Cette rencontre avec ce syndicat m'a certainement marquée par rapport à mon sujet de mémoire
D° LES EXPERIENCES OPCALIA :
La rencontre avec les AVS/AESH a été marquante. Pendant la formation, elles se plaignent à juste titre de leurs conditions de recrutement en CUI CAE, de leur précarité et de l'absence de formation : elles sont jetées sur le terrain du handicap sans formation autre que leurs qualités personnelles (mères de famille, etc.). La conversation tourne pratiquement autour de ces conditions de travail pendant toute l'après midi. Elles sont révoltées et expriment leur besoin de se structurer en syndicats. Elles s'interrogent sur le sens de leur travail au regard de la loi de 2005 que je leur expose. Elles s'interrogent sur des cas particuliers auxquels elles en parviennent pas à répondre. Elles demandent des solutions pratico pratiques que nous ne voulons pas leur apporter sous forme de solutions toutes prêtes. Nous leur exposons le sens de leur travail pour qu'elles en comprennent les enjeux au-delà des anecdotes et des cas pratiques. Elles sont contentes de la formation (très bon public). Elles sont mécontentes de la façon dont les institutions les traitent du fait de leur travail précaire et très mal payé. L'exemple italien les fait réagir car elles se rendent compte qu'il s'agit d'un véritable métier reconnu dans ce pays. Nous leur exposons les projets du gouvernement pour la formation des AESH ; elles répondent qu'elles ne peuvent pas attendre, que c'est urgent.
Le métier d'aesh est un métier en souffrance car pas structuré. C'est un métier qui a du sens mais qui n'est pas reconnu.
Suivi de Mme baka, AES
C'est une dame qui passe le diplôme d'Accompagnant Educatif et Social dans le cadre de sa formation. Elle trouvera du travail très facilement mais du travail très mal payé : elle ne peut accéder à un logement si ce n'est social. Son travail a du sens pour les personnes âgées et les personnes handicapées mais elle est très mal payée. Les boulots qui ont du sens sont très mal payés. Ils mériteraient d'être valorisés par le fait même qu'ils ont du sens. Tous les métiers nouveaux autour du handicap ou de la vieillesse (à domicile ou en epad) sont très mal payés et se réalisent dans le cadre de conditions de travail très difficile. On pourrait presque parler d'un travail social à deux vitesses : les diplômés et les sous diplômés qui s'occupent des tâches les plus ingrates dans des conditions de travail de plus en plus précaires de ces nouveaux professionnels de l'action sociale qui agissent dans un secteur totalement marchandisé et libéralisé (travail avec les personnes agées et handicapées).
E° La structuration de mon projet autour de la question du sens : pourquoi /comment ?
L'idée de travailler autour de la question du sens est venue historiquement dès le moment où j'ai commencé à élaborer l'idée de monter mon propre projet. Cette idée a mûrie en moi à partir de janvier 2018. Influencé par mon expérience avec OPCALIA, j'ai immédiatement formalisé un projet d'Organisme de Formation spécialisé dans l'économie du sens (secteur des métiers porteurs de sens : social, éducatif, médical, économie sociale et solidaire, insertion par l'économique, finance solidaire, microfinance : 15 champs professionnels concernés). Il y a donc un lien avec mon sujet de mémoire de DEIS et de Master 2. Je souhaitais donc continuer ma réflexion sur le lien entre l'économique et le social qu'il s'agit de réconcilier. L'idée du sens m'a semblé pertinente car elle permet de dépasser la rationalité instrumentale de l'économie pour la remplacer par une alternative qui n'est pas trop politisée. Le sens offre un angle différent d'approche du problème. Mon hypothèse est que c'est le sens qui doit gouverner l'économique et le social pour les réconcilier dans une démarche intentionnelle qui redonne du pouvoir aux êtres humains dans le contexte de la déshumanisation de l'économie.
Par la suite, après l'étude de marché qui a révélé que la question de l'économie du sens est incompréhensible en tant que telle, je suis parti sur le concept de « Sens Compétences » et donc sur un Organisme de Formation spécialisé dans la question du sens. Il me semble en effet que c'est un thème porteur pour l'avenir qui me décale un peu du social tout en l'intégrant. Comme j'avais conscience qu'il fallait me former pour avoir un corpus à enseigner, l'idée de réaliser une thèse sur la question du sens m'est venue afin de nourrir ma démarche. C'est à partir de mars 2019 que l'idée de coupler ma démarche avec une thèse a mûrie.
3 rencontres allaient me permettre de formaliser ce projet :
1° Rencontre de Mr Geffard
En cherchant sur Internet, j'ai repéré l'Ecole Doctorale « Théorie et pratique du sens » de Paris 8. Ne sachant pas du tout comment m'inscrire en thèse directement et changeant totalement de sujet, j'envisageai de reprendre un Master qui me permettrait de suivre le processus que j'avais suivi à l'université de Nanterre (Master 1 revue de littérature, Master 2 recherche de terrain). Ce serait une manière de réaliser ma thèse en 5 ans en en posant les bases et en rencontrant un éventuel tuteur de thèse. Après avoir rencontré Mr Geffard qui me proposait de reprendre en Master 2, j'avais le sentiment d'avoir trouvé ma place.
2° Rencontre de Olivier Perrin de « mon job de sens » :
Partant de la question du sens et de mon projet de créer un Organisme de Formation nourri par une thèse, j'ai commencé à faire des recherches sur internet. Je me suis rendu compte qu'il existe de nombreux sites internet qui « vendent » la promesse de trouver un emploi qui a du sens. Ces sites sont liés à des structures qui promettent soit une démarche de bilan de compétences, soit une démarche militante en lien avec l'économie sociale et solidaire. Il existait donc déjà des structures qui étaient organisme de formation et qui étaient spécialisés sur la question du sens. Je décidai d'aller à leur rencontre. C'est ainsi que j'ai interviewé Laura, fondatrice de « mon job de sens », un Organisme qui vend des programmes de coaching axés sur le sens du travail pour trouver un emploi qui a du sens. Laura m'a fait rencontré un de ses coachs. Ayant travaillé au ministère de l'écologie, son approche est très militante : le sens c'est contribuer à la transition écologique et solidaire en trouvant un métier en rapport avec cette sensibilité politique. Nous en sommes venus à la conclusion que je ne devais pas créer un organisme de formation qui concurrencerait « mon job de sens » et que l'idée de créer un Organisme de Formation spécialisé dans le sens du social pouvait être une bonne idée complémentaire.
3° Rencontre de Mr Bernaud du CNAM INETOP :
C'est alors que j'ai croisé la route d'un enseignant chercheur qui travaille depuis plus de 10 ans sur la question du sens dans le cadre du CNAM dans un laboratoire spécialisé sur les questions de l'orientation professionnelle. Il a développé un veille sur le sens et un corpus théorique (approche scientifique via la psychologie existentielle) et pratique. Ils ont mis en œuvre un programme d'accompagnement pour développer le sens de la vie et le sens du travail puis on décliné ce programme en fonction des différents publics qui peuvent être concernés par la question du sens : les jeunes lors de leur orientation professionnelle, les demandeurs d'emploi en reconversion, les étudiants, les futurs retraités, ... J'avais donc trouvé mon corpus pour les contenus de mon Organisme de Formation.
Deux idées m'ont cependant frappées lors de notre entretien : Mr Bernaud et son équipe se portent en faux par rapport à l'idée qu'il existe des métiers porteurs de sens (sous entendus les autres métiers n'auraient pas de sens) et pensent qu'il n'existe pas de sens prédéfinis à un métier. Le sens est quelque chose de purement individuel qui appartient à la personne en propre, quelque chose d'intime. Ils s'inscrivent en faux par rapport à une approche militante critique du néolibéralisme et pensent qu'ils n'est pas éthique de porter une vision militante du sens, celle ci n'étant qu'une nouvelle norme qui s'imposerait aux individus. Tout cela me semble t'il pose débat : n'existe-t'il pas une dimension collective au sens, un sens qui peut être partagé au niveau d'une profession, d'un métier ou d'un groupe d'appartenance ? N'est ce pas une réponse collective qui doit être apportée afin de ne pas laisser l'individu seul face à l'ampleur de la question du sens ? N'est ce pas cette réponse collective qui manque face à l'individualisme contemporain qui conduit la civilisation dans une impasse ?